Saez censuré par JC Decaux et Clear Channel, pour une femme nue dans un caddie

8 mar

saez j'accuse caddie

Citoyens !

Alors que l’on pousse la liberté d’expression, que l’on manifeste ça et là pour aller faire la guerre digitale sans mettre le pied dans la rue, voilà qu’on apprend que l’affiche de Damien Saez signée par le photographe Jean-Baptiste Mondino a été censurée (de quoi on ne sait pas) par JC Decaux et Clear Channel. Alors que ces compagnies prônent la ville 2.0 (au hasard) on se demande bien ce qu’ils comptent faire du zéro point zéro.

Voici le communiqué de Damien Saez:

« Allo Paris bonjour tristesse.
Notre photo, une femme nue dans un caddie, utilisée comme visuel de notre album et comme
affiche de concert, a été interdite dans les couloirs des métros et sur les kiosques à journaux.
Dans une seconde étape, une autre affiche textuelle signifiant cette interdiction l’a été à son tour
par tous les réseaux publicitaires, méprisant ainsi et la liberté de l’art et la liberté d’expression.
Une femme nue dans un caddie,
outrage aux moeurs du commerce ? Remise en question du système ? Droit d’informer ?
Quel crime avons nous donc commis ? Cette interdiction aurait pour but, qu’ils disent, de protéger
l’image de la nature humaine, j’en doute. Mais protéger l’image du caddie ? Ca c’est certain. Les
publicistes portant le drapeau de la nature féminine… Faîtes moi rire… Une chose est sûre, les
caddies valent plus que les hommes dans nos pays.
Quand les bureaux du commerce prennent des allures d’entrée de boites de nuit,
quand la ségrégation outre raciale en devient culturelle, la honte grandit.
J’ai honte pour ces gens, honte pour mon pays, honte pour ce qu’il est devenu, honte pour cette
auto-censure que la société s’inflige à chaque fois qu’elle ouvre sa bouche. Et dire que nous
étions d’avant-garde un jour…
Alors que le vulgaire à outrance et les illégalités font rage sur chaque devanture et dans ces
mêmes couloirs de métro, alors que nous vendons nos chairs, à tort et à travers, pour n’importe
quel inutile qu’il faudra vendre aux enfants, alors que la femme n’a jamais été autant méprisée
dans sa qualité d’être humain autre que celle d’être une chatte béante dans laquelle on refourgue
tous les artifices du nouveau monde, voilà que les petits capos voient de l’outrage quand le
féminisme est à son expression la plus pure.
Mais quelle est cette douleur qui fait si mal dans les p’tits slips des p’tits capitalistes d’arrêt de bus ?
Les miroirs feraient-ils donc si peur à ceux qui n’aiment pas leur visage ?
D’abord une photo, puis des mots….
Dis quand viendra le temps où nous reverrons la liberté ailleurs que sur nos billets de banque ?
Cet album que nous sortons est l’oeuvre de deux ans de travail, d’écriture, de production, de
musique, de réflexion, d’argent et surtout de temps. Un art populaire mis à mal par les pilleurs
de tombeaux que sont tous les vendeurs de câbles en tous genres.
Je suis parti des majors company pour ne pas finir en abonnement téléphonique, en sonnerie de
portable vendue à des crétins.
Bien sûr on est blasé de tout, bien sûr on ne s’étonne plus de rien,
bien sûr ça n’est pas grand chose, qu’une photo aujourd’hui, quoi demain ?
Bien sûr je continuerai à être libre, bien sûr qu’on galère tous à faire nos courses, bien sûr qu’il y
a toujours plus grave, bien sûr, bien sûr…
Mais les symboles sont là pour stigmatiser très souvent des maux bien plus profonds, et les
choses sans grande importance à première vue cachent souvent des forêts qui le jour où elles
prennent feux font bien plus de dégâts que la liberté. »
Damien Saez va bien sûr mener une action en justice pour tenter de faire entendre sa voix.

Quand Tostitos Restaurant nous vend une pub superbe : salsa !

3 mar

“And Then There Was Salsa” from Frito Lay Dips on Vimeo.

Citoyens !

Autant se le dire : je n’aime pas spécialement quand on me pousse à cliquer sur une bannière publicitaire. Encore moins quand il s’agit de grande consommation. Et encore moins quand il ne s’agit que de pousser l’objectif de notoriété, that’s all.
Et puis Ivy Chang m’a glissé ce lien à l’oreille. Au début surpris, le display a ensuite débordé sur mon écran. Au final, un super moment, une présence à l’esprit forte, un capital sympathie gagné.

Seule remarque : pas de drive-to une adresse ou un site web. Sans doute parce que la marque doit avoir pignon sur rue, mais quand même !

“And Then There Was Salsa”
Ils en parlent ici, , ou là

Le vrai influenceur dans un environnement digital-reel : la pertinence

18 fév

Citoyens !

L’ami David Armano livre une analyse extrêmement perspicace de ce que nous expérimentons dans les médias sociaux.

En clair, le bad buzz autour de Google Buzz a permis de générer à grande échelle plusieurs enseignements forts :

  • trop de bruit rend abruti ; on a donc tendance à reculer d’un pas et à rebattre les cartes des sources en qui nous faisons confiance
  • nous sommes tous des médias en puissance ; il devient donc logique de faire un tout petit peu moins confiance aux pairs dans l’absolu (puisqu’ils sont d’abord des médias) et de rechercher de nouveaux carrefours, de nouveaux raccourcis d’influence
  • ce n’est donc pas la mort du média social, bien au contraire : c’est un retour à la proposition de valeur que moi en tant qu’individu je vais apporter aux autres qui devient clé
  • on se contrecarre de savoir si je suis blogueur, influenceur, twitter user : on va plutôt se demander si je suis intéressant. Point barre. Nous sommes tous des weblogueurs.

Il est donc fascinant de voir que notre nouvel environnement digital-réel (ou digi-réel) permet un foisonnement de nouvelles mécaniques d’influence. A voir si les influenceurs historiques (professeurs, experts, etc.) vont en profiter pour développer des médias sociaux de niche afin de reprendre la main sur leur réputation.

En vérité, ce n’est pas seulement une question ;)

Ce que « mesurer » les medias sociaux veut dire

12 fév

Citoyens !

Cette petite Michelle a du talent. Je vous garantis qu’après cette vidéo soit :

  • vous allez changer d’agence si vous êtes annonceur (bon à part si on bosse ensemble bien sûr)
  • vous aller complexer tellement c’est bien fait
  • vous allez bachoter parce qu’il s’agirait pas qu’une étudiante envoie plus de lourd que vous ;)

Blague à part c’est tip top, c’est à utiliser dans vos présentations powerpoint. Ca parle de ROI sans être focus sur des killer tools. bravissimo

Le jour où le social est devenu anti social : Google Buzz

11 fév

Citoyens !

Je vais pour une fois vous livrer un ressenti très personnel plutôt que de le baser sur une approche « marketing ».

Je voulais partager avec vous mon sentiment quand hier soir, alors que je me connectais à GMAIL, j’ai découvert d’un coup les milliers de conversation à travers Google Buzz. Alors que je n’avais jamais demandé ce service. Alors que les règles de « privacy » étaient totalement absentes de tout paramétrage aisé.

Soudain, des milliers de gens ont pu voir, lire, une forme d’entrée dans l’intimité de milliers d’autres gens. Pour la première fois dans les médias sociaux, je ne pouvais plus vraiment contrôler la sorte de « carrefour digital » que je suis (tout comme vous).

Normalement, un événement, un lien, une action devient « sociale » quand 2 individus ou plus commencent à interagir ensemble. C’est d’ailleurs la grande différence entre interaction et transaction : l’interaction se réfère à des compétences interpersonnelles, les transactions sont mécaniques.

Hier soir, Google a utilisé mes flux, mon réseau, pour essayer de lever le bouche-à-oreille et imposer un outil à travers une logique mécanique. M’a dépossédé de mon capital social.

Google n’a donc pas créé un outil social. Mais un outil à l’exact opposé du social.

Le capital social est une propriété comme une autre. Dans une économie de l’attention, c’est probablement la frontière à ne jamais franchir par les entreprises. Car il constitue à terme notre capital le plus rare, celui qui nous permet ou non d’accorder du temps à un individu, à une institution.

On hait se faire « bypasser », on hait se faire utiliser. On hait se faire mettre sur la touche après s’être fait voler une idée, un lien.

Aujourd’hui, des gens continuent à échanger en dehors des carrefours (c’est à dire des gens) qui les auraient mécaniquement poussés à interagir. En clair, Google a simplement détruit le lien social évident qui conduit 2 entités à pouvoir être mis en relation. Et qu’on ne parle pas dans ce cas d’affinité ou de hasard : il s’agissait d’une mécanique digne des plus gros SPAMS; sur les X millions de gens qui vont être poussés à se connecter de fait, quelques pourcents vont rester sur la plateforme. Comme des individus captifs du monstre de données qu’est Google. Sans leur avoir demandé leur avis.