Skyrock blogs : d’Allein à Sweet Pepper Mint, des histoires explosives, des journaux intimes attachants

Citoyen !

Avoue-le. La dernière fois que tu es allé sur un skyblog, c’était il y a au moins 3 ans. On a grandi, on en avait marre des “lâche tes com’ “…Les mecs qui posaient en mode “bogoss” et les nanas qui mettaient des photos de leurs chéris, ça allait 2 minutes, mais bon. Pour le néant il y avait déjà Jean-Luc (Morandini) hein (OK c’était gratuit, désolé, en plus on a une passion commune pour un restau libanais, mince quoi) !

Et pourtant je dois te faire part de ma lubie actuelle : y retourner !

Et j’ai été très surpris par le nombre de contenus de qualité. Voici une (petite) sélection :

  • Under the body : depuis 2007, Julie (qui vit à Toulouse) raconte une sorte de roman photo de la vie de son héroïne, Bridget. Les images sont extraites des Sims.
    Le tout est on doit bien l’avouer prenant. Des milliers de commentaires sont postés. Un véritable univers. Etonnant.
  • Allein : elle a 17 ans, et écrit un roman emprunté de gothique lycéen, de romantisme désabusé… Pourtant sa plume est inspirée, noire et sûrement encore un peu trop candide. Pour ses témoignages sont sincères. Une plongée dans son adolescence. Extrait : “Il en était ainsi, encore une fois . J’avais basculé dans un autre monde, celui de l`inconscience . Celui où on est, sans s’en rendre compte. Celui où on vit, on sent, on entend, on voit, mais on ne le sait pas . On est inconscient , on n`est plus maître de son corps, ni de son esprit . Ce monde commençait à devenir familier, au fil des soirées . Et une fois de plus j`en avais ouvert la porte .”
  • Sweet Peper Mint m’a fait hurler de rire. On suit la vie trépidante d’un panda au bagou et à l’allure cocasse. Bref, un moment de plaisir. “Au programme aussi,envoyer une lettre de menace au patron de France 2 qui a honteusement remplacé Jean Luc Delarue et ses cas sociaux par le tour de France,on remplace pas une émission avec des thèmes forts comme “j’ai 3 bras et j’en souffre” par des mecs qui tordent du cul en maillot fluo,et qui dansent même pas la tecktonik en plus”

Pour résumer, de très bons petits cahiers de vie, à lire et relire encore.

McDonald’s et le User Generated Content : des limites culturelles ?

Citoyen !

Figure toi que ça va faire 40 ans qu’on s’empoigne le Big Mac, le Levi’s 501 de la malbouffe des gens pressés  / urbains / djeun’s / pauvres (mince c’est un mot interdit) / cools.

Le spot de l’époque avait comme claim : “Two all beef patties, special sauce, lettuce, cheese, pickles, onions, on a sesame-seed bun.

A partir de ce slogan, il a été demandé aux internautes de composer une chanson reprenant très exactement le wording sur MySpace. Selon le NY Times :

“But today the McDonald’s channel of choice is a social networking site geared to people who were not yet born in 1974. Nevertheless, nearly 1,000 songs have been submitted, and judges have selected five finalists. The public has been invited to vote, and a winner will be announced Tuesday. In keeping with the tone of today’s economy, the winner won’t get any cash, but his or her song will be featured in a commercial later this month”

Le vainqueur de la compétition sera annoncé demain sur le MySpace en question.

Plusieurs points me posent problème :

  • que les marques aillent à la rencontre de leurs consommateurs, c’est une bonne nouvelle. Qu’elles proposent des terrains de jeux avec eux, c’est tout aussi bien. Pourtant quand je vois les différents spots des finalistes, j’ai l’impression que la qualité n’est pas au rendez-vous. Après la junk-food, voici la junk-vidéo ? J’entends par là qu’une discussion doit au minimum être un peu qualitative pour ne pas desservir et la marque et l’ensemble des participants. De même, le wording étant imposé, on limite énormément la créativité des participants…
  • à une époque où la nutrition a l’air d’être une nouvelle religion - à raison - le slogan choisi a l’air d’aller à contre-courant des attentes des populations et des politiques. Alors McDonald, “agent provocateur” ?
  • quelle finalité derrière ce jeu ? quelle histoire est racontée derrière ce concours, si ce n’est que c’est “fun” ?

Je m’appuierai sur cette analyse trouvée chez mon collègue de Londres Tim citant Kate Watts de Chime Communications :

“We’ve been applying risk analysis to consumer purchasing decisions, asking what risks consumers are hoping to minimise when they make purchasing decisions, and what sorts of information they therefore require in order to feel satisfied that they have made the right decision. Our argument goes that when consumers make choices they are hoping to minimise two fundamental types of risk:

Social risk – the risk of looking stupid, out of touch, un-cool, or otherwise misguided by buying the wrong trousers, trainers, car or beer, reading the wrong newspaper, or voting for the wrong political party.

Economic risk – the risk of losing more than face by investing in a poorly performing investment, losing money on a property purchase or on a product that fails to deliver what it promised.”

Dans le cas McDonald’s les 2 risques ci-dessus mentionnés semblent “matcher” dans mon cas :

  • j’aurais peur de paraître stupide
  • la promesse du produit est sur cette opération assez faible. Je ne vois pas ce que j’y gagne

Je devrais demander à notre expert Fastandfood ce qu’il en pense…

“In 40 years, computers will empower us to go behind the rainbow” - Intel World Mural Project

Citoyen ! Allez sur un arc-en-ciel, et au-delà…ce n’est pas le titre d’un recueil des surréalistes, pas même une tentative poétique, mais une des créations de l’Intel World Mural Project. Intel s’est associé à Favianna Rodriguez, une artiste très engagée qui s’est faite connaitre grâce à ses créations murales digitales. Je la cite :

“The staff of Tumi’s see themselves as not just marketers but activists. “The work is not about consumerism,” says graphic designer and co-founder Favianna Rodriguez, “It is about people empowerment. Design firms don’t always have to go corporate. Designers play an important role in the movements for social justice. It is images that mobilize us.”

“We are constantly fed messages to be consumers. I am not in the business of crass commercial advertisement. I am in the business of education and liberation. My subjects are Black, Latino, Asian and Native communities that have been ignored and smashed by this government.”

Intel se positionne donc comme défenseur d’une cause. Intel milite pour la littératie digitale dans le monde via ses clubhouses pour les enfants des zones défavorisées. Ce projet s’inscrit donc dans une logique d’enseignement des enjeux technologiques. Une façon de faire venir les enfants à une meilleure compréhension du monde, mais aussi les acteurs du marché et les politiques à devoir se sensibiliser aux attentes des citoyens.

Il est intéressant de voir une internalisation de plus en plus marquée des enjeux sociétaux par les forces du marché.

15 ans de pub sur internet : un dossier du Journal du Net

Citoyen !

Il fait parfois du bien de faire des bilans sur ce qui a été fait sur le web depuis quelques années.

Le Journal du Net propose un dossier retraçant 15 ans de pub sur internet depuis 1993.

Il commence avec la première bannière créée par ATT sur hotwired.com.

Quelques enseignements dans notre préhistoire publicitaire sur web :

  • la publicité agace et nous sommes de plus en plus sensibles à ce qui nous semble intrusif
  • place au divertissement et à la créativité
  • les campagnes sont de plus en plus hybrides

“Your Yahoo, your vote” : Yahoo! se défend contre Icahn

Mais c’est quoi ce bouton ? Encore un buzz pour une nouvelle fonctionnalité Yahoo! ?

Non, il s’agit d’un superbe pied de nez de Yahoo! contre le milliardaire Carl Icahn (qui contrôle environ 5% du capital de Yahoo), qui souhaite notamment :

  1. relancer les négociations avec Microsoft
  2. changer le Conseil d’Administration
  3. toucher à Jerry Yang ! OMG !!!

Voici donc ce qu’on lit sur la page du portail Yahoo! :

“On May 15, 2008, Carl Icahn announced his intent to nominate a slate of directors for election at Yahoo!’s 2008 annual meeting of stockholders to take control of Yahoo! (…) he choice for Yahoo! stockholders is clear: re-elect your experienced and dedicated Board with a clear strategy and a demonstrated commitment to create value for Yahoo! stockholders, or turn your Company and its uniquely valuable combination of assets over to Carl Icahn and his nominees and allow Microsoft and Mr. Icahn to dismantle the Company and deliver our search business to Microsoft on terms that would be disadvantageous to Yahoo! stockholders.”

L’objectif est de sensibiliser les actionnaires (et l’opinion en général) à la “cause Yahoo!”. Sur l’indépendance éditoriale de la homepage, Techcrunch prend la position suivante :

“Taking the battle to the homepage shows how close it may turn out to be. Every single vote counts, and Yahoo is not shy about using its Web real estate to put up a sign arguing its case. It doesn’t say much for the editorial independence/neutrality of the homepage, but when you are fighting for your life those sorts of considerations are thrown out the window.”

Si tu souhaites lire la lettre de Carl Icahn, les Echos nous donne une version PDF ici.

Signal fort en tout cas de Yahoo! On voit rarement une entreprise-média afficher aussi largement une position forte et unie contre des fonds extérieurs. Autre enseignement : quand une entreprise se cherche, ses “racines” et ses pères-fondateurs sont souvent rappelés à la rescousse. Retourner aux core competences qui ont fait le succès d’antan passerait donc par d‘anciennes icônes ?

Se pose aussi la question de savoir comment une “global company” peut changer pour s’adapter aux nouveaux médias et générer une nouvelle chaine de valeur.

Le Journal du Net résumait ainsi le retour de Jerry Yang :

“Selon la plupart des observateurs, l’arrivé de Jerry Yang, 38 ans, est le préalable à une forte phase de croissance externe. En effet, les actionnaires reprochaient à Terry Semel d’être passé à côté des dossiers MySpace, Youtube et DoubleClick, au bénéfice des concurrents de Yahoo. “Je m’engage à faire le nécessaire pour transformer Yahoo en vue d’une réussite plus éclatante”, s’est exprimé le nouveau PDG. De quoi relancer les rumeurs qui voient tomber les sites communautaires Facebook ou Bebo dans l’escarcelle du portail.”

Affaire à suivre.

Julia Allison : un talent d’être célèbre. Et non l’inverse.

Julia Allison était jusqu’à présent un mystère. Une personne sans talent particulier, ni chanteuse, ni comédienne. Ni sortie tout droit d’un loft ou consorts. Nada à signaler.

Une intuition remarquable a bien du la traverser, un soir d’été : et si nous étions tous devenus “publics” ? Et si de cette acception, on pouvait en faire un business ?

Je te tague sur Facebook, tu me tagues sur FlickR. Que je le veuille ou non, ma photo circule online. Que je le veuille ou non, des gens peuvent me rechercher et me trouver. Ou tomber par hasard sur une soirée privée et me voir dans mes pires (ou meilleurs) états.

Julia en a fait son business. En sachant s’entourer (Excellent article de Wired à son sujet ici) et en donnant à une certaine nature humaine ce qu’elle attendait pour aboyer. Du ragot, de la rumeur, une part de rêve, une part d’arrogance. Et aussi une part de séduction.

Julia, sur son espace, signe à la fin de son introduction “I’ve missed you”. Intéressant de voir la différent entre un:

  • “tu me manques” (ou c’est toi qui activement absent me donne le sentiment de manque)
  • et le “I’ve missed you” (ou c’est moi qui décide si tu me manques ou non. L’utilisation du present perfect est révélateur aussi : sans équivalent en français, il désigne une action passée ayant un lien avec le présent. Je décide donc de te faire réexister. Je décide quelle est ma story-line)

Autant dire que dans son espace public narcissique et comme navire d’occupation d’un territoire liquide, la belle a compris 2 choses :

  1. on peut utiliser les nouveaux médias pour suractivement devenir tellement publique qu’on en devient célèbre
  2. même la critique devient désormais un asset afin de pouvoir continuer à “occuper” cet espace

Mais à quel prix ? Notoriété et réputation sont deux notions fort différentes. Etre visible et aimé, aussi.

Le fait est qu’au-delà de tout jugement moralisateur, il y a bien au moins 2 marchés :

  • un qui requiert simplement d’être vu pour prospérer
  • un qui nécessite de construire une histoire cohérente afin de faire passer ses idéaux, messages, valeurs

Car que nous transmet Julia, finalement ? Au pire, de la haine, du dégout. Au mieux une invitation pour une soirée trop VIP ?

So what ?

“Etre célèbre pour être célèbre ” ?

Mais à quel prix ?

Si on reprend la chaîne de valeur de Porter : quel est l’input que je mets ? Quel est l’output que j’ai à la sortie ? Si je mets comme input…moi-même, j’ose espérer que je n’aurais pas à la sortie un autre moi-même. Ou un moi qui ne me correspond plus.

La célébrité / notoriété est souvent vue comme une activité de support, pour in fine vendre plus, s’amuser plus, prendre plus de plaisir. Je ne pense pas qu’elle doit devenir une finalité.

Girl effect

Citoyen !

Ce soir, l’amoureuse d’un ami très proche est revenue sur la planète France.

Et comme je sais mal exprimer mes sentiments, et que je suis super fier d’elle et de mon désormais couple d’amis, je voulais simplement lui dire que ce qu’elle a fait, c’était énorme. Alors pour elle, qui je sais adore cette vidéo :

Le Girl effect, c’est le postulat selon lequel si tu paries sur une “fille”, le monde peut aller mieux.

Rien de dragouillesque là-dedans. Juste un angle d’attaque pour tenter d’améliorer le monde. Pas seulement un pansement, qu’on jette le lendemain, non. Une démarche cohérente et sur le long terme.

Comme l’engagement de la nana de mon ami.

Rss

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